2014/2015 En cours de création...

 En cours de création...

2008/2009 Les images de miroir

"On peut voir un tout petit peu du couloir dans la Maison des miroirs si on ouvre largement la porte de notre chambre. Ce qu'on voit ressemble tout à fait à notre couloir, mais seulement un peu plus loin celui-ci peut être tout différent, tu le sais."
"De l'autre côté du miroir" (1871)
Lewis Carroll

Dans la physique quand la lumière se reflète sur une surface on parle de réflexion. Si la surface est polie ce phénomène s'appelle réflexion de miroir.La lumière réfléchie fait les silhouettes plus claires, plus contrastantes et très expressives.

La réalité n'est qu'un reflet du miroir. Cela confirme notre existence ainsi que réveille notre narcissisme en nous rappellant d'étudier avec des heures notre réflexion sur le miroir. Comme dans un conte il nous susurre que nous avons l'air parfait.

Qu'est-ce qui se passe quand on brise le miroir? Est-ce que les miroirs brisés dispersent les images et comment paraitrait-il alors la realité si on les assemble?

Mais si le miroir ne reflète pas précisément on tombe dans le piège d'un labyrinthe de miroirs déformés et de réflexions multipliées à l'infini.

Je me demande comment paraitrait-il la version de miroir de notre monde et est-ce qu'ils existent des images de miroir. Tout serait beaucoup plus différemment qu'une simple règle tournée à l'envers. La réalité n'est qu'un fond barbouillé sur lequel se détachent les silhouettes refletées et multipliées, des ombres diluées prises au piège du miroir. Cela fait naître en moi la peur instinctive que mon vraie image serait saisie, multipliée, rompue, deformée. Le Miroir la mettra dans l'espace infini et la confondra avec les reflets passés de ceux qui se sont regardés dans le miroir avant moi .Le miroir déformera les projections jusqu' à ce que la réalité ne devienne qu'un souvenir mal reconnu et fragmentaire. Le miroir retient et entasse couche sur couche des surfaces transparentes, des reflets qui se font voir à peine à travers les couches. Le conte d'une telle réalité de miroir paraîtrait une absurdité, un non-sens littéraire.

Je promène mes regards sur la feuille blanche et je commence... Je pose couche sur couche mes souvenirs - les reflets du passée. Je les mets à l'infini et la feuille blanche devient mon miroir . Je découvre les traits de mon visage dans le chaos d'images transparentes... Je me reconnais.

Les pièces de mon passée entassées au hasard, en désordre deviennent des projections à l'avenir. Mais comme dirait la Reine Blanche tout cela a un grand avantage - la mémoire de l'homme travaille dans deux directions.

Je reprends une nouvelle feuille...

2009 Des histoires courtes

2004 La Maison

Essai de peindre et retenir les souvenirs et les rêves qui reviennent toujours

Une maison-la nouvelle vie. Une maison qui brûle et s'effondre-la perte, le malheur,la mort. Une vieille maison-la querelle,la séparation. Nettoyer une maison-attendre la joie... Avoir une belle maison-la santé et la longue vie. Une maison bien équipée-la richesse et l'honneur. Construire une maison-le succès. Rêver d'une maison pareille à un palais-de riches cadeaux. Réparer une maison-l'angoisse.

Quelle maison? Pourquoi la maison?

Le souvenir du passé qui revient-brusquement-la maison des souvenirs: les longs corridors, les fantômes dans le sous-sol et au grenier...les planches grinçantes, les bruits pendant la nuit... les monstres dans le placard et sous les lits, les objets vivants, les chats qui parlent, les jouets, la table et les chaises gigantesques, les gens âgés, les secrets, les regards par le trou des serrures, la fouille dans des boîtes et des coffres couverts de poussière, la découverte de trésors, d'objets oubliés et inutiles, des photos jaunies par le temps. La maison qui paraît immense, pleine de chambers inexplorées, de portes fermées à la clé, d'escaliers menant vers l'obscurité. La maison pleine de pas d'enfants qui courent et de tant de visages de gens invités qu'on ne peut pas retenir. Les jeux inventés, mais qui sont plus réels que la réalité même.

Tout est pâle, vague comme si on le regarde par un vitre sale... tout s'échappe chaque fois qu'on essaie de le décrire... tout est difficile d'être attrapé dans le piège du tableau... tout s'éloigne.

Toutes les maisons habitées après... des chambres où l'on range les objets sauvés au cours des années, où s'installent les images oubliées et transparentes... les coins où se cachent les vieux fantômes dont on a secoué la poussière...

2005/2007 Silhouettes, érosion

Les silhouettes en papier nous détournent d'une manière obsessionnelle les pensées vers les cercles concentriques. Ces cibles «faciles» trompent notre conscience que notre main sera infaillible et que nous les atteindrons du premier coup, avec précision et conviction. Des cibles fixes avec des contours pointillés– ce sont eux que nous poursuivons dans nos esprits et que nous écartons de nos chemins. Très vite et très facilement notre conscience les vise et les crible de trous, les déchire et pousse des cris de victoire. Les silhouettes sombres, derrière lesquelles nous ne savons pas ce qui se caché, provoque notre peur sur fond de couleurs trompeurs, mais jamais de panique, car l'endroit du tir est marqué. Des cibles mobiles et des cibles qui s'éloignent et derrière eux des personnes dissimulées et des animaux effrayés. Ce sont des personnages sans visages, nous attendant malicieusement, sûrs de leur immortalité, sortis de l'ombre avec leur cercles concentriques, dans lesquels irons nos balles.

S'il arrive que la silhouette tombe, elle acquiert la transparence de l'ombre et les toutes petites figures dansantes s'emparent d'elle. Le papier l'avale et ils passent tous à travers ses souvenirs, tant que les coutures ne sont pas déchirées complètement. Quoiqu'il en soit, en s'agrippant aux ailes des anges, les petites figures aux contours blancs, et en marchant sur les squelettes des animaux réussiront à remonter à la surface et seront satisfaits.

Mais les anges marchent en procession paisible, et derrière eux accourent dans un tumulte et d'une hâte hystérique les corps dessinés des personnages imaginés. Cependant quand les immenses ombres violettes palissent, le papier sera étalé à nouveau et l'imagination se défoulera sur de nouvelles images. Il y aura des visages, des figures et des paysages. Des passions et des émotions d'une sincérité effrayante s'accumuleront, atteignant l'exténuation, provoquant la décomposition de la matière.